Réalisation d'un Café Racer
Depuis 2008 l'envie de posséder une grosse cylindrée Guzzi se faisait un
peu plus insistante, mais je n'avais pas les moyens de m'offrir une Guzzi
neuve. D'autre part, l'envie de mécaniquer m'a détourné pas mal des
véhicules trop récents. J'ai donc épluché les annonces durant un bout
de temps, jusqu'à tomber un jour sur cette 1000 SP dont le propriétaire
se débarrassait pour 1000€, en octobre 2008.
Il s'agissait d'un modèle dans son jus, d'une couleur discutable pour certains
(j'aimais bien !), et qui n'avait pas roulé depuis 2 ans au moins.
Elle ne roulera pas avant d'autres années encore.. :-)
Une petite graine d'idée...
Juillet 2009, après avoir dépouillé tout le carénage avant et
remplacé le guidon par des bracelets, j'avais une meilleure idée de ce que
j'allais en faire : un Café Racer. Ces machines me font rêver.
L'idée d'avoir une moto dépouillée et personnalisée m'attire
énormément. D'autre part, quitte à remettre la moto en état de rouler,
autant en profiter pour lui donner une allure plus "fun" !
Quelques semaines plus tard, lors d'un meeting de voitures et motos
anciennes, une magnifique BMW a attiré toute l'attention de Phil,
mon beau-père.
C'est alors que l'étincelle est venue :
« − Hugues, tu devrais ta moto aussi propre que cette BMW !
− Je veux bien, mais encore me faut-il avoir les moyens..
− Les moyens, je les ais. »
C'est ainsi que, dans les jours qui ont suivi, j'ai déménagé toute la carcasse chez Phil, et que nous avons attaqué le travail ensemble.
Au travail !
Étape #1 : démontage
Août 2009, je descends avec la 1000SP et tout son bazar (carénages,
pare-cylindres, ..) et nous attaquons son démontage un dimanche. La
plupart des éléments de carrosserie étant déjà déposés, ainsi que
le guidon, il restait surtout des câbles de commande et d'électricité,
des durites, et diverses petites pièces ici et là. Sans compter les
différentes composantes de la partie-cycle : fourche, tés, suspension
arrière, bras oscillant, etc...
En une journée, le moteur est déposé du cadre, puis le cadre est
mis totalement à nu. Reste encore à désassembler toutes les pièces
telles qu'étriers de frein, bras oscillant, tés de fourche, tubes de
fourche, roues, béquilles.
Le lundi, le nettoyage peut déjà commencer : dégraissage puis brossage de toute la visserie et des petites pièces métalliques non peintes, et classement des différents éléments à passer au microbillage ou au sablage.
Étape #2 : microbillage/sablage, passage en apprêt
Après préparation − obstruction de tous les passages d'écrou, logements de
roulements, etc... −, toutes les petites pièces sont passées au microbillage.
Il faut compter quelques heures de travail, avec la poussière, le bruit du
compresseur... Rouler en guzzi est bien moins fatiguant !
Les éléments trop imposants seront confiés à un sableur professionnel.
Le cadre, les jantes, le réservoir et quelques autres bricoles que je n'ai pas
réussi à faire tenir dans la microbilleuse subiront un traitement plus
radical, plus rapide, et surtout.. plus propre !
Le métal étant ainsi mis à nu, il risque de rouiller à ce stade. Toutes les pièces sont donc disposées de façon à recevoir l'apprêt, appliqué au pistolet par Phil.
Étape #3 : époxyfication de la partie-cycle
Le plus dur a été de choisir les couleurs ! J'ai opté pour du noir, classique, peu risqué, et pour une touche de rouge qui sera reçue par les jantes, la latérale, et quelques petites pièces moins visibles. Pour le souci du détail ;-)
Étape #4 : préparation du réservoir...
Un des souvenirs les plus pénibles : après sablage du réservoir d'origine,
il s'est avéré qu'il était assez cabossé en divers endroits. Afin de lui
donner un aspect irréprochable, j'ai entamé une loooongue période
d'application de Sintofer, puis de ponçage, et belote, et re-belote..
Une corvée, entamée en septembre 2009, et dont je n'ai pas vu le bout.
À la réflexion, le réservoir d'origine de la 1000 SP n'allait pas trop au
look "Racer" que je recherchais.
J'ai fini par trouver, début 2011, un réservoir de V7 Sport/850 Le Mans,
qui colle bien mieux à l'esprit. Le travail peut continuer !
